Wednesday, October 18, 2006

You broke my heart in 17 places

Si vous me lisez depuis le début, vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai toujours eu un gros faible pour les réhabilitations improbables et les combats perdus d’avance. Comme Not Billy d’Un violon, un jambon qui avouait récemment n’avoir jamais cessé d’aimer She’s so unusual de Cindy Lauper ou la carrière folk de Joe Dassin, je me plais à enfourcher quelques chevaux de bataille pas toujours en odeur de sainteté dans la blogosphère. Il y'a peu, je tentai (sûrement en vain) de vous faire écouter d’une autre oreille Abba, A-ha ou George Michael et ce sans y mêler de l’ironie ou de la dérision, deux données parasites qui trop souvent dénaturent les coups d’œil dans le rétroviseur.
Cette fois-ci, je remets sur le tapis un disque et une artiste qui m’avaient valu pas mal de quolibets lors d’une nuit blanche sur Radio Collège* en juillet 2005 : Tracey Ullman. Cette nuit-là, à trois heures du matin passés, je m’étais lancé dans un panégyrique débridé de cette anglaise polyvalente qui flirta avec le sommet des charts britanniques au début des années 80. Mal m’en avait pris. Mes condisciples, terrassés par la fatique et la mauvaise foi ambiante m’avaient fait payer au prix fort une programmation déraisonnablement pop. J’avoue, j’avais perdu pied et balbutiant, j’avais remisé mon Tracey au placard jurant bien à l’époque de ne pas abandonner la pauvrette aux oubliettes de l’histoire pop.
Tracey est aujourd’hui plus connue aux Etats-Unis pour son show télé (Tracey takes on) et ses apparitions au cinéma ( vous l’avez peut-être vu dans Small-time crooks, A dirty shame ou même Allie Mac Beal) que pour ses incursions dans le Top 100 en 1983 et 1984. Et pourtant…

ullman

Même s’il faut passer outre une pochette qui fait vraiment peur et où Tracey fait valoir son talent indéniable pour le transformisme, l’écoute de You Broke my heart in 17 places s’avère diablement réjouissante. En pleine période New wave (mines d’enterrement et plumages corbacs), Stiff records (le label de Costello, de Ian Dury et des Damned première manière) s’offrit le luxe de publier un disque tout en couleurs, un disque qui reprenait le flambeau du Girls sound là où les Shangri La’s l’avaient laissé en 1968. Bien avant que les Bangles ou les Voice of the Beehive ne se fassent entendre, Tracey, tout comme les Go go's en Californie, payait sa dette aux Girls groups en accordant à l’auditeur eighties sevré de légèreté une récréation pop tout à fait bienvenue. Mieux qu’un simple et joli pastiche, You broke insufflait vie (Breakaway avec son tempo dément acquière là une incroyable énergie) et fantaisie à de chouettes compositions de Jackie De Shannon, de Gary Valentine (Always touched by your presence, dear, ma chanson préférée de Blondie) ou de Kirsty Mc Coll (qui, pas fière, produit et fait les chœurs sur They don’t know alors que sa propre version avait fait un bide). C’est d’ailleurs sur les deux titres signés et arrangés par la future compositrice de New England (les meilleurs à mon goût) que se dessine le plus nettement l’influence de Shadow Morton plus encore que de Spector. On est là plus très loin du teen melodrama de Leader of the pack ou d’ Out in the streets :

You've been around for such a long time now
Oh maybe I could leave you but I don't know how
And why should I be lonely every night
When I can be with you
Oh yes you make it right
And I don't listen to the guys who say
That you're bad for me and I should turn you away
'Cos they don't know about us
And they've never heard of love”**

Les arrangements sont hélas un peu moins cossus que chez nos deux génies ci-dessus mais globalement ça passe en dehors de l’hideuse guitare qui ruine la coda de They don’t know.
Quant à la voix de l’intéressée, incisive sans être stridente, cristalline sans être transparente, elle est l’atout maître de ce disque. C’est peut-être parce qu’elle ne s’est jamais considérée comme une chanteuse qu’elle en est une excellente.
Alors, bien sûr, ceux qui sont par nature allergique aux productions eighties risquent de ne pas y trouver leur compte mais je vous propose malgré tout ce qui reste le sommet du disque: They don't know.**

*: Puisqu'on parle de Radio Collège, je vous encourage vivement à cliquer ici pour écouter les débuts de la troisième saison du New Breakfast Club

** : Thiburce et Mariaque, merci.

11 comments:

The Civil Servant said...

Double commentaire amical :

- Ouahooou ca y est ya des mp3 en ligne sur ce site. Enfin... Reconnais que sur un billet comme celui-là aurait été incomplet sans un extrait musical

- Bien avant les Go gos's Tracey Ulmann ? Voilà qui me semble bien discutable. Pour moi Carlisle et sa bande ont cartonné dès 82. A vérifier. En tout cas voilà qui me donne l'envie de poster sur elles.

Allez RYS ami quasi rochelais

Sonic Eric said...

T'as parfaitement raison ami Civil ! Our lips are sealed et We got the beat datent de 1982. Erreur que je répare illico !

death said...

Du moment que tu réhabilites pas les Bee Gees, ma foi...

Sonic Eric said...

Bah justement, j'y pensai pour un prochain post...

mariaque said...

Pour temperer un peu ta rancoeur de la nuit NBC, ce n'atait pas ce morceau-là que tu avais diffusé non plus...

Sonic Eric said...

Tu as bonne mémoire, mon grand. Il s'agissait de Sunglasses, une reprise d'un titre popularisé par Sandy Posey. Morceau que j'estime aussi énormément tout comme la reprise de Madness ("My guy") qui ne se trouvent malheureusement pas sur mon pressage vinyl de You broke my heart in 17 places.

NotBilly said...

N'empêche... ça vaut pas un bon vieux Cyndi Lauper ;o)

The Civil Servant said...

Ca date même de 1981 le premier album des Go Go's, j'viens de le vérifier en l'encodant.
Réhabilitons toutes ces filles qui le méritent et NotBilly a raison Lauper ne sera pas la dernière, sans oublier les Belle Stars et autres Bangles.


RYS

Anonymous said...

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