Sunday, April 22, 2018

Fais-moi plaisir...crève !

" On a fait une longueur de tapis en baisant. Tu t'es mise à être mal. Un truc qui n'allait pas. C'est là que j'ai dit Ma grande et ça t'a fait grimper. Après j'ai arrêté parce que tu m'as parlé de la mort de C. Jérôme."
" Je t'ai demandé de m'épouser un vendredi soir. Pour passer un bon week-end."

Sunday, April 15, 2018

On peut quelquefois retrouver un être

Dans le cas particulier elle se trompait ; je n’ai jamais retrouvé ni identifié la belle fille à la cigarette. [...]. Mais je ne l’ai pas oubliée. Il m’arrive souvent en pensant à elle d’être pris d’une folle envie. Mais ces retours du désir nous forcent à réfléchir que, si on voulait retrouver ces jeunes filles- avec le même plaisir, il faudrait revenir aussi à l’année, qui a été suivie depuis de dix autres pendant lesquelles la jeune fille s’est fanée. On peut quelquefois retrouver un être, mais non abolir le temps. Tout cela jusqu’au jour imprévu et triste comme une nuit d’hiver, on ne cherche plus cette jeune fille-, ni aucune autre, trouver vous effraierait même. Car on ne se sent plus assez d’attraits pour plaire, ni de force pour aimer.

Tuesday, October 31, 2017

121-130

121. Rectangle (Jacno) - 1979 (Face B: Anne cherchait l'amour)

Plus précurseur, tu meurs.

122. Remind Me (someone else's remix) (Röyksopp) - 2002
Le groupe qui, avec les K.O.C, a replacé la Norvège sur la carte de la musique pop

123. Run To Me (The Bee Gees) - 1972 (Face B: Road To Alaska)
Redécouvert grâce à la mémorable séquence de talkie-walkie musical dans Virgin Suicides
124. Salut (Joe Dassin) - 1975 (Face B : Et si tu n'existais pas)
Joe, prodigue de titres mythiques, en délivre deux d'un coup sur le même 45 tours.
125. Sarà perché ti amo (Ricchi e Poveri) - 1981 (Face B : Bello l'amore)
Le beau, la ragazza et le moustachu
126. Save The Children (Marvin Gaye) - 1971 (Face B : Little Darling)
Sacred Ground
127. Scandalous (Mis-Teeq) -2003

Remarquable contribution britannique à l'âge d'or du R'n'B
128. See Emily Play (Pink Floyd) - 1967 (face B :Scarecrow)
Single étonnamment accessible et ludique des débuts du Pink Floyd
129. Sensitive (The Field Mice) - 1989 (Face B : When Morning Comes To Town)
" Hulk-like metamorphosis from timid tweeness to bloddthirsty belligerence."
130. Seras-tu là ? (Michel Berger) - 1975 (Face B : Medina)
On peut l'écrire maintenant sans risque d'être passé au goudron et aux plumes : l'un des meilleurs songwriters français.











Friday, July 07, 2017

The Edge Of Seventeen

Rares sont les amoureux du cinéma qui ne connaissent pas d'égarement. Peu nombreux sont ceux qui, d' Ordet à Still Life n'ont jamais dévié d'une stricte orthodoxie cinéphilique. Les déviances ont même parfois fini par accéder à une certaine respectabilité. Slasher, Giallo, nudies scandinaves disposent d'officines, de webzines et d'un appareillage critique souvent stimulant.
Mais il y a des déviances moins glorieuses où l'indulgence se fait plus parcimonieuse. Le teen movie fait partie de ces déviances-là.
Moins avare en chefs d'oeuvre (Ferris Buller's Day Off, Ghost World) qu'en impossibles naufrages (The Girl Next Door parmi cent autres), le genre fourmille cependant de réussites mineures dont les plus flagrantes semble avoir été signées John Hughes (en tant que producteur, scénariste ou réalisateur). Le canon semble avoir été forgé au mitan des années 80 entre Sixteen Candles (1984) et Ferris Bueller (1986). Un genre y trouvait son apogée commerciale et créative et des figures se voyaient étalonnées pour ne jamais vraiment disparaître du cinéma américain, mainstream ou moins (le bully, la girl next door, les adultes dépassés, le locker room et le climax lors de la prom night).
Et c'est justement cet âge d'or que convoque sans complexe Kelly Fremon Craig dans son premier film, The Edge Of Seventeen -2016). L'héroine, Nadine, jouée par Hailee Steinfeld, aurait l'âge d'être la fille de Molly Ringwald mais elle porte un blouson comme aurait pu en porter Anthony Michael Hall dans Weird Science. Lorsqu'elle tente une approche maladroite auprès de Nick dans Petland, la sono diffuse True de Spandau Ballet. L'amoureux transi de Nadine, Erwin, est coréen (comme pour expier les blagues asiatophobes de Sixteen Candles). Le film joue de ce côté démodé (ne serait-ce que par le prénom de l'héroïne, Nadine, prénom qui n'a pas été donné depuis 1961) mais sans en faire une posture. Si elle n'arrête pas de se plaindre de ses condisciples rivés à leurs écrans de portable, elle peut en user (même au cinéma) et traque Nick sur Facebook. Nadine est un personnage réussi car Kelly Fremon Craig a la sagesse de ne pas la transformer en caricature de weirdo convulsive. Ado mal dans sa peau, vilain petit canard persuadé que le monde entier s'est ligué pour son malheur, Nadine peut malgré tout compter sur deux soutiens de poids (Erwin, déjà cité et son prof principal, un pince sans rire laconique qui diffuse Young Mister Lincoln à ses élèves (irrésistible Woody Harrelson)) qui lui permettent, lentement, de s'extraire de son égocentrisme forcené. Le portrait sonne  juste et on se souvient alors que le film a été produit par le grand James L. Brooks, un des scrutateurs les plus avisés de la complexité de l'être humain (que l'on se souvienne de la volte-face inaugurale de Lisa dans How Do You Know  de la scène de la dent de lait dans Riding In Car With Boys).  Même si le conflit initial semble quand même bien léger (Nadine ne supporte pas que sa meilleure amie "sorte" avec son frère), Il y a beaucoup de moments réussis dans ce film (avec une petite préférence pour la séquence dans la piscine d'Erwin où Nadine se montre d'une "adorable cruauté") qui refuse le montage épileptique et se ménage (chose rare) de longs plans sans musique . Mais, comme pour Juno (qui avait pour lui, une sensibilité plus "indé"), le modèle John Hughes n'est pas dépassé. The Edge of Seventeen joue la carte du teen movie mais en voulant aussi s'en moquer (la prom night est escamotée, les bully sont de toutes petites filles). La mise à distance post-moderne permet certes de récupérer un public plus exigeant (attention quand même, on est pas chez Larry Clark) mais empêche d'adhérer totalement au projet du film. En l'état et sans y chercher un New Breakfast Club, The Edge of Seventeen mérite le visionnement même si seule la VOD est possible en France.

Wednesday, January 25, 2017

George Michael A Tribute

Si l'on excepte Hugo Cassavetti dans Télérama et Didier Lestrade dans Libération, les médias français ont, dans le traitement de la mort de George Michael, brillé par leur désinvolture (pas une ligne dans Les Inrockuptibles ou l'Obs). Pas de couverture mais trois pages dans Libération, c'est vrai mais surtout beaucoup de sarcasme et d'indélicatesse (en gros, on veut bien lui consacrer trois pages mais pas question de le hisser à la hauteur de Bowie, Prince ou Léonard Cohen (ah, cette misérable justification  mérite vraiment des baffes)). Heureusement, la presse anglaise (Guardian et NME en tête) a été à la hauteur de l'événement multipliant les interventions pertinentes et inattendues (l'article de Bob Stanley sur Wham notamment) redonnant à cet artiste singulier sa vraie stature.
Pour les plus rétifs (et il en reste)et pour ceux qui souhaiteraient comprendre les raisons de mon attachement et donc de la perte ressentie, voici 10 morceaux composés, arrangés, produits et chantés par George Michael qui me semblent être ce qu'il faut en priorité retenir de lui.
10. A Different Corner


9. One More Try

8. You Have Been Loved

7. Praying For Time

 6. Mother's Pride

5. Everything She Wants (Wham)

4. My Mother had a Brother

3. Freedom'90


2. Jesus To a Child 

1. Cowboys and Angels

Saturday, January 21, 2017

George Michael (1963-2016)

" It's probably a generational thing, but the only white artist to ever make convincing R&B was not Dusty, not Van, not Joe Cocker, lord knows not Michael Bolton, not even default white soul mama, Teena Marie. It was George Michael. Mark Ronson is right. Michael was one of maybe 3 or 4 white artists you could play at a black club and not get pelted with bottles."
 Marlon James, 26 décembre 2016

Monday, January 16, 2017

Young Turks

Fascinant disque, surtout au regard de l'évolution de la carrière du (infiniment) regretté George Michael. Pas d'exercices de styles façon crooner, pas de ballades désolées, pas de déplorations de l'état du monde, juste deux très jeunes hommes jouant les faux durs et adressant un brillant "up yours" aux années Thatcher. A condition de ne pas être allergique au son éminemment synthétique, on pourra passer un très bon moment en compagnie de ce disque hédoniste et canaille. Les deux raps sonnent étrangement aujourd'hui que le Hip-hop est une culture quasiment institutionnalisée. Un succédané peut-être mais très ludique. Pas plus de 7 car il y a quand même beaucoup d'instrumentaux pour un album aussi court. D'autant plus que l'intérêt principal (en dehors du talent bourgeonnant de compositeur de George Michael) demeure la voix du Maître. On pourra préférer le moelleux du timbre plus mûr des disques post-Faith (ce qui est le cas de ce rédacteur) mais l'agilité, l'insolence des passages en falsetto sont absolument irrésistibles. Il faut entendre George se frotter aux grands ancêtres r'n'b (ici, les Miracles) sur Love Machine. Impressionnant.