Friday, December 12, 2008

Poitiers en décembre


Poitiers en décembre, c’est aussi sexy qu’Issoudun sous la pluie. Mais à Poitiers en décembre, il y a un chouette festival, les Rencontres Henri Langlois consacrés aux films de fin d’études, principalement des courts-métrages. Et pas à Issoudun. Bon, je vous sens moyennement emballé par la perspective d’ inaugurer (ou presque) le nouveau complexe culturel de la préfecture de la Vienne (le T.A.P jaune) avec des films réalisés par des étudiants polonais ou des plasticiens argentins. Et pourtant, le jeu en valait diablement la chandelle. D’abord, parce qu’on y fait des tas de rencontres. J’ai eu l’insigne honneur de manger une tartine de rillette (oui, je sais, la rillette, c’est pas poitevin) en face de Cécilia Conan, la réalisatrice de Grand âge, petite vertu. Je n’ai malheureusement pu voir son travail mais si son talent est aussi fascinant que son regard (il a pratiquement fallu m’évacuer), je lui prédis une grande carrière. Ensuite parce que je fus estomaqué par la qualité des courts proposés. La sélection avait du être drastique pour ce festival car ce que j’en vis (une dizaine sur soixante) était loin, très loin des clichés qu’on peut colporter sur le court de fin d’étude (en gros, complaisant, misérabiliste et autocentré). Je retiens en priorité un joli film initiatique (dieu sait pourtant qu’à Collège au cinéma, ils m’en ont fait souper des films initiatiques) polonais (Mon frère), le très beau Espalhadas pelo ar, délicieusement régressif (la fréquentation d’adolescentes de son immeuble fait comprendre à une jeune femme combien son compagnon l’ennuie) et puis surtout un petit bijou sud-coréen de badinage douloureux (magnifique montage alterné, et sublime actrice au nom à absolument retenir Ji-eun Oh), Twins.

1 comment:

The Civil Servant said...

Bon je vais pas élever le débat, mais je comprends que tu fus fasciné. elle n'a pas que le regard troublant cette damoiselle, ce me semble !
Comme quoi même Poitiers réserve des surprises.