Friday, June 27, 2008

Siguió rebelde




J’en vois déjà certains parler de trahison, m’assimiler à un renégat, à un Talleyrand du ballon rond. Evoquer l’Espagne au lendemain de sa victoire contre Les Russes, c’est comme arborer le drapeau américain le 14 juin 1944 à Bayeux. Ca sent le retournement de veste à plein nez. N’ayant pu supporter l’équipe aux Three lions (et pour cause !), on s’est reporté sur les « Oranje » et puis finalement, on prend fait et cause pour les Rouges et Or. Quoi de plus naturel! Et bien non, dimanche, on fera comme le fiston, on supportera la Manschaft en dépit d’un match pathétique contre l’Autriche, en dépit d’un Ballack au mieux inégal, et malgré1982 parce que tout simplement l’Allemagne nous parle plus que l’Espagne. Pour des raisons climatiques (plus me sied le crachin de Poméranie que la fournaise andalouse), personnelles (la même enseignante calamiteuse de la quatrième à la première) et sportives (Arantxa Sanchez et Conchita Martinez, deux arguments de poids), ça n’a jamais collé avec les Ibères. Il y’a pourtant une glorieuse exception, une exception qui me réconciliera toujours avec la langue de Sainte Thérèse d'Avila, Jeanette. A elle seule, elle hissa la pop espagnole au niveau d’une Margo Guryan ou d’une Claudine Longet, références qui, croyez-moi, ne sont pas brandies par hasard. Même si on fait aisément plus hispanique qu’elle (née à Londres d’un père belge et de descendance maltaise), reconnaissons, en toute bonne foi, que le meilleur de son œuvre fut chanté en castillan (bien que pour certains linguistes amis, son accent ne soit pas irréprochable).

En juin 2006 sur la Blogothèque, l’excellent Philippe Dumez lançait le premier l’idée d’un revival. JTout en m’accordant avec lui pour dire que le début des années 70 (de Soy rebelde à Porque te vas) constitue le sommet de sa carrière. Toutefois, je mettrai un bémol sur les critiques concernant ses enregistrements ultérieurs, notamment Corazon rebelde. On retrouve sur ce single de 1981 intactes les qualités qui nous font délirer sur la nymphette catalane (voile dans l’aigu, chaleur du timbre, beauté de l’expression). Le traitement des cordes manque de finesse comme souvent à pareille époque mais le petit couinement au synthé annonce rien moins que le Pure des Lighning Seeds.

Depuis ce post, deux ans ont passé et hélas,rien n’a changé. On ne trouve toujours sur les sites de vente en ligne que des compilations au visuel hideux (Jeanette, pouvant à la manière d’une Sandie Shaw, être alternativement ravissante ou freaky sur les pochettes de disque) et je n’ai trouvé aucun site recensant chronologiquement tous les enregistrements de la « niña rebelde ». Les espagnols qui peuvent être d’admirables rééditeurs de merveilles soft pop (rappelons-nous le travail de siesta records sur Take a picture) ont raté le coche avec elle. Jeanette fut sans doute trop populaire outre Pyrénées pour attirer l’attention de labels indépendant. Là-bas aussi, semble-t-il, nul n’est prophète en son pays.

7 comments:

Anonymous said...

Tu es décidément un grand pervers, tout juste sauvé par cet impeccable recours aux Lightning Seeds.

Anonymous said...

Mais quest-ce que l'Espagne a fait pour mériter ça ?
Personnellement je boirai une sangria pour 15 litres de bières, je visiterai une barcelone pour 15 munich et j'écouterai une heure de cette langue pour 15 secondes de toux outre-Rhin...
Your bros

Anonymous said...

J'en ai entendu des conneries ,mais des comme sa jamais...
Mais l'espagnol est la langue la moins poétique que j'ai jamais entendu.
Ils savent écrire et lire que depuis 30 ans.
Et tu n'est jamais aller à Munich ...C'est une ville magnifique...
Ce ne sont que des ultras nationalistes ,qui ne pensent qu'à eux et qui détestent la France...
Napoléon aurait dû tous les fumer...
Your son

Sonic Eric said...

Mon cher Mattkorn, ta germanophilie t'égare... Les Espagnols étaient des lettrés quand tes idoles teutonnes bouffaient encore des glands...
Quant aux mérites respectifs de la Sangria et de la bière, je propose de vérifier samedi.
Et puis, en ce qui concerne ma supposée perversité, oui, cent fois oui.

Nepsie said...

Merci !

Et si je ne m'en sors qu'avec un petit 10 pour l'histoire et la géographie, ca va, on est quand même réconciliés.

:)

Anonymous said...

Enfin, en même temps, Ian Broudie, c'est un neu-neu à lunettes et coupe au bol.
Un Anglais, qui plus est - ceci juste pour mettre d'accord les anti-Allemands et anti-Espagnols raffinés qui sévissent ci-dessus.

Pitseleh said...

Même si je ne la place pas au niveau de miss Guryan j'aime bien Jeanette. Il y a d'ailleurs un chouette morceau nommé "Los tiempos de mi padre" sur une compile Tricatel.