Friday, September 10, 2010

Loving the underdogs

En sport comme en tout, ma préférence va aux joueurs donnés perdants d'avance et qui parfois, rarement certes, créent la surprise. Ce que les Anglais nomment joliment Underdogs. Le champion gagne, c'est normal, c'est son job mais ses victoires marquent souvent moins les esprits que lorsqu'il perd, trébuchant sous les coups d'un mal classé ou d'un dilettante. Les exemples sont légion et ils sont presque tous aussi réjouissants les uns que les autres. C'est Soderling corrigeant Nadal en huitièmes de finale des Internationaux de Roland Garros 2008, c'est l'Algérie de Madjer maltraitant les Allemands en 1982, c'est Ronan Pensec portant le maillot jaune sur le Tour de France 1990 pendant deux jours. Mais la plus grosse cote, l'impensable, le retournement le plus inouï, il faut aller le chercher au Japon et ce, le 10 février 1990. Ce jour-là, Mike Tyson, le plus jeune boxeur à avoir remporté un titre de champion du monde affronte James Buster Douglas, un honnête puncheur de Colombus mais dont la notoriété était absolument incomparable à celle du "Kid Dynamite" La cote de Buster était de 52/1, ce qui équivalait à peu près à la chance de voir le Honduras gagner la Coupe du monde en Afrique du Sud. La plupart des commentateurs le voyaient tenir à peine plus longtemps que Berbick ou Spinks. Bref, au mieux, un sparring partner avant la rencontre avec Holyfield. Les aficionados pensaient même qu'au fond Douglas n'était pas un adversaire très légitime pour Iron Mike, qu'il ne devait cette chance qu'à son appartenance à l'écurie de Don King. "Quick Jab" va s'échiner à prouver le contraire. Dans les semaines qui ont précédé le combat, Douglas a perdu sa mère et s'est séparé de sa femme. Il n'a donc plus rien à perdre. Il a perdu du poids et peut se prévaloir de dix bons centimètres de plus qu' "Iron Mike". Tyson, lui, n'est plus tout à fait le cogneur terrifiant de 1986. La séparation d'avec Robin Given, le renvoi de son entraîneur et aussi peut-être ses frasques avec des jeunes et jolies nippones l'ont fragilisé. Au moment d'entrer sur le ring, Tyson le killer est redevenu un boxeur comme les autres et James Buster Douglas tient la chance de sa vie.

2 comments:

Anonymous said...

Sonic n'est pas mort, il bande encore.
Heureusement que vous êtes là pour parler de nos chers negros, toutes disciplines confondues.
A quand la réhabilitation d'Antonio Fargas ?

Krapaulax

Sonic Eric said...

Merci du tuyau, Krapulax !